Un road trip en Angleterre, ce n’est pas seulement une affaire de châteaux et de villages couleur miel. C’est aussi le grondement feutré d’un V8 sur une route bordée de haies, un ruban d’asphalte qui grimpe vers les landes, puis l’arrivée face à la mer, capot encore chaud. Au volant d’une supercar, le pays révèle un visage inattendu : plus sauvage, plus sinueux et nettement plus enthousiasmant qu’on ne l’imagine depuis une rame de métro londonienne.
Voici un itinéraire de dix jours pour découvrir l’Angleterre en voiture, des falaises du sud aux grands espaces du nord. Le parcours privilégie les belles routes et les étapes qui valent qu’on coupe le moteur. Il faudra toutefois garder en tête une réalité très britannique : ici, on roule à gauche. Les premiers ronds-points demanderont un peu de concentration… et peut-être une prière silencieuse à votre rétroviseur gauche.
Avant de partir : préparer sa supercar pour l’Angleterre
Le meilleur point de départ est souvent le sud du pays, accessible en ferry depuis la France ou via le tunnel sous la Manche. Si vous embarquez avec votre propre voiture, vérifiez les conditions de votre assurance, la couverture en cas de panne et les restrictions éventuelles liées aux dimensions ou à la garde au sol. Pour une location, examinez soigneusement le contrat : kilométrage, franchise, dépôt de garantie et règles concernant les routes étroites ne sont pas des détails à découvrir au comptoir.
La conduite à gauche impose surtout d’adapter ses automatismes. Les ronds-points se prennent dans le sens des aiguilles d’une montre et la voie de gauche est la voie normale. Prenez quelques minutes sur un parking calme pour vous familiariser avec la position de la voiture et les commandes. Sur une supercar à conduite à gauche, les dépassements peuvent aussi demander davantage de prudence : ne vous engagez jamais sans visibilité suffisante.
Les limitations sont indiquées en miles par heure (mph), pas en kilomètres par heure. En règle générale, la limite est de 30 mph en agglomération, 60 mph sur les routes à chaussée unique et 70 mph sur les voies rapides et autoroutes, sauf indication différente. En ville, renseignez-vous également sur les zones à faibles émissions et les frais de circulation, notamment à Londres. Le plus simple est d’éviter d’y conduire : garez la voiture à l’extérieur et explorez la capitale à pied ou en transports.
Enfin, une supercar est faite pour rouler, mais pas forcément pour se faufiler dans chaque ruelle médiévale. Les routes anglaises peuvent être étroites, bordées de haies, avec des bas-côtés peu indulgents. Une voiture relativement compacte, un GPS à jour et des étapes raisonnables vous épargneront quelques sueurs froides.
Jour 1 : de Folkestone aux falaises du Kent
Après le tunnel ou le ferry, commencez tranquillement dans le Kent. Rejoignez Folkestone, puis filez vers Douvres par les routes côtières. Les célèbres falaises blanches offrent un premier décor spectaculaire : la mer du Nord en toile de fond, le vent qui siffle et, par temps clair, la côte française qui se devine à l’horizon.
Prévoyez un arrêt à Douvres pour visiter le château ou simplement admirer les falaises depuis un point de vue accessible. Cette première journée doit rester courte. Il faut apprivoiser la conduite à gauche, prendre le rythme local et éviter de transformer le premier rond-point en exercice de gymnastique mentale. Passez la nuit dans le Kent, par exemple autour de Canterbury, dont les rues anciennes invitent à une balade après le dîner.
Jours 2 et 3 : Sussex, South Downs et côte jurassique
Depuis Canterbury, mettez le cap sur la côte sud. Brighton est une halte animée, idéale pour déjeuner près du front de mer et observer le ballet des voitures le long de la promenade. Le centre étant dense, mieux vaut laisser la supercar dans un parking sécurisé et découvrir la ville à pied.
Le lendemain, prenez la direction des South Downs. Les routes traversent des collines douces, des villages paisibles et des paysages ouverts où le moteur peut chanter sans que l’on ait besoin de forcer le rythme. Faites un détour par Beachy Head et les Seven Sisters : leurs falaises blanches plongent dans la Manche avec une élégance qui ferait presque de l’ombre à votre carrosserie.
Poursuivez vers l’ouest en direction de la côte jurassique, dans le Dorset. Cette portion du littoral est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO et déroule une succession de falaises, de criques et de villages de pêcheurs. Une nuit à Lyme Regis ou dans les environs permet de profiter de l’ambiance sans rallonger la journée au volant.
Jour 4 : Dorset et arrivée dans les Cornouailles
La route vers les Cornouailles est longue : mieux vaut partir tôt et résister à la tentation de multiplier les détours. Faites une pause à Exeter ou dans une petite ville du Devon pour déjeuner, puis poursuivez vers l’ouest. À mesure que l’on approche de la pointe sud-ouest, les paysages changent et l’horizon marin se rapproche.
Installez-vous pour deux nuits autour de St Ives, Penzance ou Falmouth. Les routes de Cornouailles sont magnifiques, mais souvent étroites et fréquentées en haute saison. Dans les villages, les places de stationnement peuvent être rares et les murets étonnamment proches des portières. Une voiture très basse mérite aussi une attention particulière sur les rampes d’accès et les entrées de parking.
Jour 5 : la côte cornouaillaise, entre falaises et embruns
Consacrez cette journée à la côte. Depuis St Ives, la route vers Land’s End traverse des paysages de lande et de petits hameaux avant de rejoindre l’extrémité occidentale de l’Angleterre. Le cap est très fréquenté : partez tôt, garez-vous dans les espaces prévus et poursuivez à pied pour profiter des sentiers côtiers.
Sur le chemin du retour, faites halte à Mousehole, un ancien village de pêcheurs aux ruelles étroites, ou à Porthcurno, réputé pour sa plage et ses falaises. Ici, la meilleure performance consiste parfois à laisser la voiture au repos et à marcher jusqu’au point de vue. Une supercar attire les regards, certes, mais aucune ligne d’échappement ne peut rivaliser avec le fracas de l’Atlantique contre les rochers.
Jour 6 : de la Cornouaille à Bath
Remontez vers le nord-est en direction de Bath. La liaison prend plusieurs heures, mais elle vous fait quitter les paysages maritimes pour retrouver les campagnes du Somerset. À l’arrivée, oubliez les rues étroites du centre et choisissez un hôtel doté d’un parking adapté. Bath se visite très bien à pied : ses thermes romains, son architecture géorgienne et le Royal Crescent méritent mieux qu’un tour de pâté de maisons derrière un volant.
Bath constitue aussi une excellente étape pour ralentir. Après plusieurs journées de route, une soirée sans chercher le prochain virage fait du bien au conducteur comme à la mécanique. Et si votre voiture possède un mode confort, c’est le moment de vérifier qu’il ne s’agit pas seulement d’une légende marketing.
Jour 7 : les Cotswolds, l’Angleterre de carte postale
Au nord de Bath s’étendent les Cotswolds, région de villages de pierre dorée et de collines tranquilles. Rejoignez Castle Combe, souvent cité parmi les plus beaux villages du pays, puis poursuivez vers Bibury, Bourton-on-the-Water ou Stow-on-the-Wold. Inutile de vouloir tout voir : deux ou trois haltes bien choisies valent mieux qu’une tournée éclair des parkings touristiques.
Les routes secondaires sont l’un des plaisirs de cette étape. Elles serpentent entre champs, haies et murets, parfois si étroitement qu’il faut ralentir pour croiser un tracteur. Gardez une allure souple, surveillez les cyclistes et ne vous fiez pas à l’impression de calme : un virage sans visibilité peut dissimuler une voiture, un chien ou un troupeau de moutons. Ces derniers, contrairement à certains pilotes, ne regardent pas dans leurs rétroviseurs.
Passez la nuit dans la région, idéalement dans une auberge disposant d’un stationnement privé. Les hébergements de charme ne manquent pas, mais il vaut mieux appeler à l’avance pour vérifier l’accès et la largeur des places.
Jour 8 : cap sur le Peak District
Remontez vers le Peak District, dans le centre de l’Angleterre. Ce parc national offre un contraste saisissant avec les villages des Cotswolds : landes ouvertes, vallées profondes et routes de crête où le paysage s’élargit d’un coup. La région se prête à une journée de conduite contemplative, ponctuée de pauses pour marcher et respirer l’air frais.
Parmi les routes appréciées des conducteurs, celles qui traversent les collines autour de Castleton et de Winnats Pass sont particulièrement spectaculaires. Certains passages sont étroits et pentus : gardez une marge de sécurité, surtout si la chaussée est humide. Le climat anglais peut changer vite, et une route sèche au départ peut devenir glissante au sommet. Prévoyez une veste imperméable dans le coffre ; même les supercars ne sont pas équipées d’un toit contre la bruine horizontale.
Jour 9 : Yorkshire et routes du nord
Poursuivez vers le Yorkshire, en direction des Yorkshire Dales ou des North York Moors selon le temps disponible. Les Dales alignent des vallées verdoyantes, des villages de pierre et des routes sinueuses bordées de murets. Les North York Moors, eux, déroulent de vastes landes jusqu’à la mer, avec des panoramas plus ouverts et un sentiment de bout du monde.
Choisissez un secteur plutôt que de vouloir couvrir les deux en une journée. Dans les Dales, faites une halte à Grassington ou Hawes ; sur la côte, Whitby est une belle étape pour son port, son abbaye et ses ruelles pentues. Le stationnement peut être compliqué dans les centres anciens : arrivez avant l’affluence et vérifiez que le parking ne comporte pas de rampe trop raide.
Jour 10 : retour vers le sud et dernière grande ligne droite
Pour boucler le voyage, prévoyez une journée de liaison vers le Kent ou le point de départ de votre traversée. Les distances paraissent modestes sur une carte, mais le trafic autour des grandes villes peut rapidement ralentir l’allure. Consultez les conditions de circulation avant de partir et gardez une marge confortable pour le ferry ou le tunnel.
Si votre horaire le permet, faites une dernière pause dans une ville historique ou dans une campagne traversée à allure tranquille. Le road trip ne se mesure pas au nombre de kilomètres avalés, mais aux moments qui restent : un virage parfaitement négocié, un déjeuner dans un pub, un rayon de soleil sur les ailes avant. C’est souvent dans les dernières heures que l’on se surprend à déjà regretter le départ.
Les bons réflexes pour profiter de la route
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Réservez les hébergements avec parking sécurisé, en précisant le modèle et la garde au sol de votre voiture.
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Faites le plein avant les longues étapes rurales : les stations-service sont moins fréquentes dans certaines régions.
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Utilisez un GPS configuré en miles et vérifiez les itinéraires avant le départ, surtout pour les routes secondaires.
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Respectez les limitations et adaptez votre allure à la largeur de la chaussée, à la météo et à la visibilité.
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Évitez les centres-villes anciens lorsque l’accès est étroit ou incertain ; une courte marche est souvent la meilleure option.
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Emportez les documents du véhicule, les coordonnées de l’assistance et un câble de recharge si votre voiture en a besoin.
En dix jours, cet itinéraire réunit falaises, côtes sauvages, villages historiques et routes de campagne. Il ne s’agit pas de traverser l’Angleterre pied au plancher, mais de trouver le bon tempo : celui où l’on profite du moteur dans les portions dégagées, puis où l’on sait ralentir lorsque le paysage réclame toute l’attention. Une supercar donne du relief au voyage ; l’Angleterre, elle, fournit le décor. Il ne reste qu’à choisir le siège conducteur.

